Entretien de parcours professionnel : le guide complet et la trame pour les managers

Loin d'être une simple formalité administrative, l'entretien de parcours professionnel permet d'accompagner le développement des compétences de vos collaborateurs tout en répondant à une obligation légale. C'est le nouveau nom de l'entretien professionnel : la loi du 24 octobre 2025 l'a rebaptisé, a espacé sa périodicité et lui a ajouté deux rendez-vous à des âges clés. Pour les managers confrontés à la tension du marché de l'emploi et à l'évolution rapide des métiers, bien le conduire devient un levier de fidélisation et de performance.

Ce guide fait le point sur ce que dit la loi aujourd'hui (qui, quand, comment, avec quelles sanctions), sur la préparation de l'entretien, puis sur la méthode en sept étapes pour le mener. Vous y trouverez aussi une trame d'entretien de parcours professionnel 2026 prête à l'emploi, que vous pouvez recopier dans votre propre support.

Ce que dit la loi : qui, quand, comment

L'entretien de parcours professionnel est prévu par l'article L. 6315-1 du Code du travail, modifié par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025. Les règles ci-dessous reprennent les informations publiées par service-public.fr et par le ministère du Travail. Pour situer cette obligation parmi les autres obligations RH de l'employeur, notre guide de la gestion administrative du personnel vous donne une vue d'ensemble.

Qui est concerné ?

Tous les salariés, dans toutes les entreprises, quelle que soit leur taille : en contrat à durée indéterminée ou déterminée, en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, à temps plein comme à temps partiel. Seuls en sont exclus les salariés mis à disposition par une autre entreprise, les salariés qui interviennent dans le cadre d'une sous-traitance et les intérimaires.

Le salarié est informé de l'existence de cet entretien dès son embauche. L'entretien est organisé par l'employeur et réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction. Il a lieu pendant le temps de travail. Dans une TPE, c'est le plus souvent le dirigeant qui le conduit ; dans une entreprise plus grande, il est généralement confié aux managers de proximité, en lien avec les ressources humaines. Le ministère du Travail précise qu'il peut se tenir en visioconférence, à condition de respecter les mêmes règles, dont la rédaction d'un document remis au salarié.

Les échéances à respecter

Quand ? Ce qui est prévu
Dans la première année suivant l'embauche Premier entretien de parcours professionnel
Tous les 4 ans ensuite Entretien périodique. Un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir une périodicité différente, mais jamais supérieure à 4 ans
Au retour de certaines absences Entretien proposé à la reprise si le salarié n'en a pas eu dans les 12 mois précédents (liste ci-dessous). Il peut avoir lieu avant la reprise, à l'initiative du salarié
Dans les 2 mois après la visite médicale de mi-carrière Entretien élargi au poste, aux mesures proposées par le médecin du travail et à la prévention de l'usure professionnelle
Dans les 2 ans qui précèdent les 60 ans Entretien élargi au maintien dans l'emploi et aux aménagements de fin de carrière
Tous les 8 ans État des lieux récapitulatif du parcours, avec compte rendu écrit remis au salarié. Le premier peut avoir lieu 7 ans après le premier entretien

Les absences qui déclenchent un entretien au retour sont : le congé de maternité, le congé parental d'éducation (à temps plein ou partiel), le congé supplémentaire de naissance, le congé d'adoption, le congé de proche aidant, le congé sabbatique, la période de mobilité volontaire sécurisée, la période d'activité à temps partiel après un congé de maternité ou d'adoption, la fin d'un mandat syndical et l'arrêt maladie de plus de 6 mois.

Les entretiens de mi-carrière et d'avant 60 ans ont lieu aux dates fixées par la loi, quel que soit le délai écoulé depuis l'entretien précédent. Le ministère du Travail donne cet exemple : si un entretien a eu lieu la veille de la visite médicale de mi-carrière, il faudra en refaire un dans les deux mois qui suivent.

Ce que la réforme a changé, et depuis quand

Avant la loi du 24 octobre 2025, l'entretien professionnel avait lieu tous les deux ans et le bilan récapitulatif tous les six ans. Depuis, il s'appelle entretien de parcours professionnel, il a lieu tous les quatre ans, l'état des lieux tous les huit ans, et deux entretiens nouveaux s'ajoutent à mi-carrière et avant 60 ans. Son contenu a aussi été enrichi.

Selon le ministère du Travail, le nouveau contenu, l'entretien de la première année, l'entretien de mi-carrière et celui d'avant 60 ans s'appliquent depuis le 26 octobre 2025, lendemain de la publication de la loi. Pour les entreprises et les branches qui avaient un accord fixant une autre périodicité, la nouvelle règle s'applique à partir du 1er octobre 2026 : un accord qui prévoyait des entretiens plus espacés que tous les quatre ans est caduc sur ce point depuis cette date, et c'est alors le rythme légal qui s'applique. Un accord qui prévoyait un rythme plus rapproché, par exemple tous les deux ans, continue de s'appliquer.

L'état des lieux tous les 8 ans

Tous les huit ans, l'entretien fait un état des lieux récapitulatif du parcours du salarié. Il permet de vérifier que le salarié a bien bénéficié des entretiens prévus au cours des huit dernières années, et de faire le point sur trois éléments : a-t-il suivi au moins une action de formation, acquis des éléments de certification (par la formation ou par la validation des acquis de l'expérience), bénéficié d'une progression salariale ou professionnelle ? Cet état des lieux donne lieu à un compte rendu écrit, dont une copie est remise au salarié. Un accord collectif peut prévoir d'autres modalités d'appréciation du parcours.

Les sanctions

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, si l'état des lieux montre que le salarié n'a pas bénéficié, au cours des huit années, des entretiens prévus et d'au moins une formation autre qu'une formation obligatoire, l'employeur doit abonder son compte personnel de formation de 3 000 €. Les deux conditions sont cumulatives : c'est l'absence des entretiens et l'absence de formation non obligatoire qui déclenchent l'abondement. Celui-ci est versé au plus tard le dernier jour du trimestre civil qui suit l'entretien d'état des lieux. En cas de contrôle, l'entreprise qui n'a pas versé la somme est mise en demeure ; à défaut de régularisation, elle verse au Trésor public le double de l'insuffisance constatée.

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, cet abondement ne s'applique pas. Mais l'employeur reste tenu d'adapter les salariés à leur poste et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi : en cas de litige, l'absence d'entretiens peut lui être reprochée et aboutir à des dommages et intérêts.

Entretien de parcours, entretien annuel : la différence

Entretien de parcours professionnel Entretien annuel d'évaluation
Objet Les perspectives d'évolution, les compétences et les besoins de formation du salarié. Il ne porte pas sur l'évaluation du travail Le bilan de l'année écoulée au regard des objectifs, les difficultés rencontrées, les objectifs de l'année suivante
Obligation Obligatoire pour tous les employeurs (article L. 6315-1 du Code du travail) Non imposé par le Code du travail ; il peut l'être par la convention collective ou une décision de l'entreprise
Périodicité Tous les 4 ans au maximum, plus les entretiens liés aux absences et aux âges clés Chaque année, en général

Les deux entretiens peuvent avoir lieu le même jour. Il est alors conseillé de bien les séparer et de rédiger deux documents distincts : mélanger évaluation et perspectives brouille le message et met le salarié sur la défensive. Pour apprendre à mener l'un et l'autre, la formation Conduire les entretiens professionnels et les entretiens annuels d'évaluation aborde précisément ce qui les distingue.

Préparer efficacement un entretien de parcours professionnel

La préparation managériale

La qualité de l'entretien de parcours professionnel repose sur une préparation méthodique du manager. Plusieurs jours avant la rencontre, il convient de rassembler les éléments suivants :

  • le compte rendu du précédent entretien de parcours professionnel ;
  • l'historique de formation du salarié depuis son arrivée ;
  • les certifications ou qualifications obtenues ;
  • les évolutions de poste, de classification ou de rémunération intervenues ;
  • une cartographie des possibilités d'évolution envisageables dans l'organisation.

Le manager doit également s'informer sur les formations disponibles en fonction des besoins identifiés : formations internes, catalogue d'organismes de formation, validation des acquis de l'expérience, bilans de compétences mobilisables avec le compte personnel de formation. Cette connaissance des dispositifs permet de transformer l'entretien en outil opérationnel plutôt qu'en exercice théorique. Si vous prenez tout juste la tête d'une équipe, notre guide pour vos premiers entretiens de manager vous aidera à poser le cadre dès les premières semaines.

La préparation du salarié

L'efficacité de l'entretien nécessite aussi une préparation active du collaborateur. Remettez-lui, idéalement deux semaines avant, un document de préparation qui structure sa réflexion :

  • son niveau de satisfaction dans le poste actuel ;
  • ses souhaits d'évolution à court et moyen terme ;
  • les compétences qu'il souhaite développer ou acquérir ;
  • les projets de formation qu'il a identifiés ;
  • ses contraintes personnelles éventuelles (mobilité géographique, disponibilité).

Le salarié arrive ainsi avec une réflexion structurée et des attentes formulées, ce qui facilite le dialogue.

Les aides pour préparer l'entretien

Dans les entreprises de moins de 300 salariés, chacun peut se faire aider gratuitement. Le salarié peut faire appel à un conseiller en évolution professionnelle pour faire le point sur sa situation, ses compétences et ses projets. L'employeur peut bénéficier d'un conseil de proximité de son opérateur de compétences (OPCO). Plusieurs OPCO ont d'ailleurs publié des guides et des supports d'entretien : pensez à consulter celui dont relève votre entreprise.

L'organisation matérielle

  • Durée : la loi ne fixe aucune durée. Prévoir au moins une heure est un repère d'usage, pour ne pas bâcler l'échange.
  • Lieu : un espace confidentiel, à l'abri des interruptions.
  • Disponibilité : prévenez l'équipe que vous n'êtes pas joignable pendant ce temps.
  • Configuration : une disposition qui favorise l'échange (côte à côte ou en angle) plutôt qu'un face-à-face de part et d'autre d'un bureau.

Les 7 étapes d'un entretien de parcours professionnel structuré

Étape 1 : accueil et cadrage

L'entretien débute par un accueil et une clarification du cadre. Le manager rappelle l'objectif : échanger sur les perspectives d'évolution et identifier les besoins de développement des compétences, sans lien avec l'évaluation de la performance. Il précise la durée prévue, le déroulé et la façon dont le compte rendu sera rédigé et remis. Cette phase crée les conditions d'un dialogue ouvert, en particulier lors du premier entretien d'un collaborateur.

Étape 2 : bilan du parcours

Le manager invite le salarié à dresser le bilan de son parcours depuis le précédent entretien (ou depuis son embauche) :

  • les formations suivies et les compétences développées ;
  • les nouvelles missions ou responsabilités confiées ;
  • les évolutions de classification, de poste ou de rémunération ;
  • les certifications ou qualifications obtenues.

Cette phase factuelle permet de vérifier que l'entreprise a tenu ses engagements et donne au salarié l'occasion de valoriser son parcours.

Étape 3 : expression des souhaits d'évolution

Le manager adopte une posture d'écoute active pour explorer les aspirations du collaborateur. Les questions ouvertes facilitent l'expression :

  • « Comment envisagez-vous votre évolution professionnelle dans les trois à cinq ans ? »
  • « Quelles sont les missions qui correspondent le mieux à vos aspirations ? »
  • « Quelles compétences souhaiteriez-vous développer ? »
  • « Avez-vous réfléchi à une mobilité, vers un autre métier ou un autre site ? »

Cette phase demande une attitude bienveillante, qui permet au salarié d'exprimer librement ses souhaits, même quand leur concrétisation immédiate paraît difficile.

Étape 4 : identification des besoins de formation

À partir des souhaits exprimés, le manager et le salarié identifient ensemble les actions de développement utiles : formation, tutorat, validation des acquis de l'expérience, bilan de compétences. Le compte personnel de formation et le conseil en évolution professionnelle font partie des sujets que l'entretien doit aborder. Pour savoir comment financer les formations identifiées, notre article sur les financements de la formation professionnelle passe en revue les dispositifs. Les conclusions des entretiens peuvent ensuite nourrir le plan de développement des compétences de l'entreprise.

Étape 5 : perspectives d'évolution interne

Au-delà de la formation, l'entretien aborde les perspectives concrètes offertes par l'entreprise : élargissement du périmètre de responsabilités, participation à des projets transverses, mobilité vers un autre service, prise de responsabilités d'encadrement. La discussion doit garder un équilibre entre ambition et réalisme : des perspectives promises puis jamais tenues démotivent plus qu'elles ne fidélisent.

Étape 6 : formalisation des engagements

L'entretien se conclut par des engagements concrets, consignés dans le compte rendu, qui serviront de base au suivi :

  • engagements de l'entreprise : inscription à des formations, nouvelles missions, étude d'une évolution de poste, mise en place d'un tutorat ;
  • engagements du salarié : participation active aux formations proposées, implication dans les actions de développement.

Étape 7 : conclusion et suivi

Le manager récapitule les points essentiels et précise comment le compte rendu sera finalisé et remis : la loi prévoit qu'un document écrit soit rédigé et qu'une copie soit remise au salarié. Un point intermédiaire peut être planifié pour vérifier l'avancement des actions engagées, sans attendre l'entretien suivant.

Les cas particuliers : l'entretien de mi-carrière et l'entretien avant 60 ans

Dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, l'entretien reprend les sept étapes, mais s'élargit. Il aborde aussi les mesures proposées par le médecin du travail (aménagement ou adaptation du poste, aménagement du temps de travail), l'adaptation des missions, la prévention des situations d'usure professionnelle et les souhaits de mobilité ou de reconversion. Point important : l'employeur n'a pas accès aux données de santé du salarié. On parle des propositions du médecin du travail, jamais du dossier médical. Un document est rédigé à l'issue de l'entretien et remis au salarié.

Le premier entretien qui a lieu dans les deux années précédant les 60 ans du salarié porte, en plus des sujets habituels, sur les conditions de maintien dans l'emploi et sur les possibilités d'aménagement de fin de carrière, comme le passage à temps partiel ou la retraite progressive. C'est le moment d'anticiper la transmission des savoir-faire et l'organisation de l'équipe, en accord avec le salarié.

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Trame d'entretien de parcours professionnel 2026

Il n'existe pas de modèle officiel imposé : chaque entreprise construit son support, parfois à partir de celui de sa branche ou de son OPCO. La trame ci-dessous reprend les thèmes que la loi demande d'aborder. Recopiez-la dans votre propre document et adaptez-la à votre entreprise.

Rubrique À renseigner
1. Identification Nom du salarié, poste, date d'entrée, nom et fonction de la personne qui conduit l'entretien, date de l'entretien. Type d'entretien : premier entretien, entretien périodique, retour d'absence (préciser), après la visite de mi-carrière, avant 60 ans, état des lieux à 8 ans
2. Rappel de l'entretien précédent Date, engagements pris de part et d'autre, ce qui a été réalisé, ce qui ne l'a pas été et pourquoi
3. Situation et parcours Évolutions du poste et des missions, changements de classification ou de rémunération, mobilités, faits marquants depuis le dernier entretien
4. Compétences et qualifications Compétences mobilisées dans l'emploi actuel, compétences acquises, certifications obtenues, compétences à développer au regard des évolutions du métier et de l'entreprise
5. Souhaits d'évolution Projet à court et moyen terme, souhaits de mobilité, intérêt éventuel pour une reconversion, une transition professionnelle, un bilan de compétences ou une validation des acquis de l'expérience
6. Besoins de formation Besoins liés au poste actuel, à l'évolution de l'emploi ou à un projet personnel ; formations envisagées et priorité
7. Compte personnel de formation et conseil Le salarié a-t-il activé son compte ? Abondement envisagé par l'employeur ? Information sur le conseil en évolution professionnelle (service gratuit) donnée : oui / non
8. Rubrique mi-carrière (si concerné) Mesures proposées par le médecin du travail, adaptation ou aménagement des missions et du poste, prévention de l'usure professionnelle, souhaits de mobilité. Aucune donnée de santé
9. Rubrique avant 60 ans (si concerné) Conditions de maintien dans l'emploi, souhaits d'aménagement de fin de carrière (temps partiel, retraite progressive), transmission des savoir-faire
10. Engagements et suivi Actions décidées, responsable de chaque action, échéance, date du point de suivi
11. Commentaires et signatures Commentaires libres du salarié et de la personne qui a conduit l'entretien, signatures, date de remise de la copie au salarié

Complément pour l'état des lieux à 8 ans, à cocher et à justifier :

  • ☐ le salarié a bénéficié de tous les entretiens prévus au cours des huit dernières années (dates) ;
  • ☐ il a suivi au moins une action de formation (intitulés, dates), dont au moins une formation non obligatoire ;
  • ☐ il a acquis des éléments de certification, par la formation ou par la validation des acquis de l'expérience ;
  • ☐ il a bénéficié d'une progression salariale ou professionnelle.

Conservez une copie signée de chaque entretien : en cas de contrôle ou de litige, c'est elle qui prouve que l'obligation a été respectée.

Questions structurantes et écueils à éviter

Des questions efficaces pour conduire l'entretien

Sur le bilan du parcours :

  • « Quelles formations avez-vous suivies depuis notre dernier échange ? »
  • « Quelles nouvelles compétences avez-vous développées durant cette période ? »
  • « Quelles évolutions ont marqué votre poste ou vos responsabilités ? »

Sur les aspirations professionnelles :

  • « Comment vous projetez-vous professionnellement à moyen terme ? »
  • « Quelles activités correspondent le mieux à ce que vous aimez faire ? »
  • « Quelles compétences souhaiteriez-vous acquérir ou renforcer ? »

Sur les besoins de développement :

Les principales erreurs à éviter

Confondre avec l'évaluation. L'entretien de parcours professionnel ne porte pas sur l'évaluation du travail. Juger les résultats de l'année pendant cet échange en change la nature et met le salarié sur la défensive.

Ne pas préparer. Conduire l'entretien sans avoir relu le dossier du salarié appauvrit l'échange et donne le sentiment d'un exercice imposé.

Monopoliser la parole. L'entretien repose sur l'écoute. Le manager doit laisser au salarié l'essentiel du temps de parole.

Décourager les ambitions. Même quand les perspectives sont limitées, accueillez les aspirations avec respect et cherchez des étapes progressives.

Oublier l'écrit et le suivi. Sans compte rendu remis au salarié, l'entreprise ne peut pas prouver que l'entretien a eu lieu. Et des engagements jamais suivis font perdre toute crédibilité à l'exercice.


Questions fréquentes sur l'entretien de parcours professionnel

Comment préparer son entretien de parcours professionnel ?
Côté salarié, relisez le compte rendu du précédent entretien, listez les formations suivies et les compétences acquises depuis, puis réfléchissez à vos souhaits d'évolution et aux formations qui vous aideraient. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, vous pouvez vous faire aider gratuitement par un conseiller en évolution professionnelle. Côté manager, rassemblez l'historique du salarié, les possibilités d'évolution dans l'entreprise et les formations disponibles, et transmettez au salarié un document de préparation quelques jours avant.
Quel est le modèle d'entretien de parcours professionnel pour 2026 ?
Aucun modèle officiel n'est imposé. Le support doit couvrir les thèmes prévus par la loi : compétences et qualifications, situation et parcours professionnel, besoins de formation, souhaits d'évolution, compte personnel de formation et conseil en évolution professionnelle, avec des rubriques supplémentaires pour l'entretien de mi-carrière, celui d'avant 60 ans et l'état des lieux à 8 ans. La trame proposée dans cet article reprend l'ensemble de ces rubriques.
Quelles sont les grandes étapes d'un entretien professionnel ?
On peut les regrouper en quatre temps : la préparation, le bilan du parcours depuis le dernier entretien, l'échange sur les souhaits d'évolution et les besoins de formation, puis la formalisation des engagements et du suivi. La méthode détaillée dans cet article découpe ces temps en sept étapes, de l'accueil et du cadrage jusqu'au point de suivi.
À quelle fréquence l'entretien de parcours professionnel est-il obligatoire ?
Le premier a lieu dans l'année qui suit l'embauche, puis tous les quatre ans. Un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir un rythme plus rapproché, jamais plus espacé. S'y ajoutent l'entretien au retour de certaines absences, celui des deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, celui des deux années qui précèdent les 60 ans et, tous les huit ans, l'état des lieux récapitulatif du parcours.
Quelle est la différence entre entretien professionnel et entretien annuel ?
L'entretien de parcours professionnel, obligatoire, porte sur les perspectives d'évolution, les compétences et les besoins de formation, sans évaluer le travail. L'entretien annuel d'évaluation, qui n'est pas imposé par le Code du travail, fait le bilan de l'année au regard des objectifs et fixe ceux de l'année suivante. Les deux peuvent se tenir le même jour, mais il vaut mieux les garder distincts, avec deux documents séparés.
Que risque l'employeur qui ne fait pas les entretiens de parcours professionnel ?
Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, si le salarié n'a bénéficié ni des entretiens prévus ni d'au moins une formation non obligatoire en huit ans, l'employeur doit abonder son compte personnel de formation de 3 000 €. Faute de versement après mise en demeure, il verse au Trésor public le double de la somme manquante. Dans les entreprises plus petites, l'absence d'entretiens peut être reprochée à l'employeur en cas de litige et donner lieu à des dommages et intérêts.

Les formations à suivre

Conclusion

L'entretien de parcours professionnel est bien plus qu'une case à cocher. Bien préparé et bien conduit, il devient un outil de développement des compétences et de fidélisation des collaborateurs. Dans le Morbihan comme ailleurs en Bretagne, où la tension sur l'emploi est forte, les managers qui savent faire grandir leur équipe se donnent les moyens de garder leurs talents.

La réforme de 2025 a espacé les entretiens, mais elle en a enrichi le contenu et ajouté des rendez-vous à des moments clés de la carrière. C'est une raison de plus pour professionnaliser la pratique : un calendrier tenu à jour, une trame commune, des comptes rendus remis aux salariés et des engagements suivis.

La formation des managers à la conduite de ces entretiens reste la meilleure garantie de la qualité des échanges et de la conformité des pratiques. Structurer l'entretien, poser les bonnes questions, gérer les situations délicates et formaliser les engagements sont des compétences qui s'acquièrent par l'apprentissage et la pratique.

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