Gestion des stocks et des approvisionnements : les méthodes pour optimiser pas à pas

Une référence en rupture alors qu'un client attend, et à côté des cartons qui dorment au fond de la réserve depuis des mois. Dans beaucoup de PME, la gestion des stocks oscille entre ces deux situations, sans que personne ne sache vraiment où placer le curseur. On commande « comme d'habitude », on gonfle un peu les quantités avant les congés, on s'aperçoit à l'inventaire que certaines références n'ont pas bougé de l'année.

Le problème n'est presque jamais un manque de bonne volonté. C'est l'absence de méthode. Trop de stock immobilise de la trésorerie, occupe de la place et finit parfois à la benne ; pas assez fait perdre des ventes et abîme la relation avec vos clients. Entre les deux, il existe des règles simples, éprouvées depuis longtemps, que n'importe quelle entreprise peut appliquer. Ce guide vous les présente en six étapes, avec un exemple suivi du début à la fin : faire l'état des lieux, classer ses articles, prévoir la demande, fixer un stock de sécurité et un point de commande, choisir sa méthode de réapprovisionnement, puis piloter avec quelques indicateurs.

Gestion des stocks et des approvisionnements : les bases

Avant de calculer quoi que ce soit, il faut s'entendre sur les mots et sur ce que l'on cherche à équilibrer.

Stock, approvisionnement, achat : qui fait quoi ?

Le stock, c'est l'ensemble des biens que l'entreprise détient à un instant donné en attendant de les utiliser ou de les vendre. L'approvisionnement, c'est l'activité qui consiste à alimenter ce stock au bon moment et dans la bonne quantité : décider quoi commander, combien et quand, puis suivre les livraisons. L'achat, enfin, regarde plus en amont : choisir les fournisseurs, négocier les conditions, sécuriser les sources. Dans une petite structure, la même personne porte souvent les trois casquettes. Dans une entreprise plus grande, ce sont des fonctions distinctes qui doivent se parler. Si vous découvrez cette dernière, une formation sur le rôle de la fonction achats pose des bases utiles.

Les différents types de stocks

Selon votre activité, vous gérez un ou plusieurs de ces stocks :

  • les matières premières et fournitures, qui entrent dans la fabrication ;
  • les en-cours, c'est-à-dire les produits en cours de transformation dans l'atelier ;
  • les produits finis, fabriqués et prêts à être vendus ;
  • les marchandises, achetées pour être revendues en l'état, typiques du commerce et du négoce ;
  • les consommables : emballages, pièces d'entretien, petites fournitures.

Les méthodes de ce guide s'appliquent à tous, mais avec des priorités différentes : un commerçant pense d'abord disponibilité en rayon, un atelier pense d'abord continuité de la production.

Les trois coûts à équilibrer

Toute la gestion des stocks consiste à arbitrer entre trois familles de coûts qui tirent dans des directions opposées.

Coût Ce qu'il recouvre Il augmente quand…
Coût de passation Le temps passé à préparer, envoyer et suivre une commande, à réceptionner et contrôler la livraison, à traiter la facture, plus les frais de transport fixes par livraison … on commande souvent, en petites quantités
Coût de possession L'argent immobilisé, la place occupée, l'assurance, la manutention, la casse, le vol, l'obsolescence et la péremption … on commande rarement, en grandes quantités
Coût de rupture Les ventes perdues, les clients mécontents, les commandes en urgence, les arrêts de production, les pénalités de retard … le stock est trop bas pour absorber un imprévu

Le coût de rupture est le plus difficile à mesurer, et c'est pour cela qu'il est souvent sous-estimé. Une vente perdue n'apparaît dans aucune facture. Pourtant, un client qui trouve votre rayon vide une fois peut aller voir ailleurs, et ne pas revenir.

Étape 1 : faire l'état des lieux de son stock

On ne peut pas optimiser ce que l'on ne connaît pas. La première étape n'a rien de technique, mais elle conditionne tout le reste.

Fiabiliser les données

Comparez le stock affiché par votre logiciel (ou votre fichier) avec le stock physique, au moins sur un échantillon de références. Si les écarts sont fréquents, toutes les méthodes qui suivent reposeront sur des chiffres faux. Les causes habituelles sont connues : sorties non enregistrées, erreurs de saisie à la réception, retours clients oubliés, articles rangés au mauvais emplacement.

Plutôt qu'un inventaire annuel unique, de nombreuses entreprises pratiquent l'inventaire tournant : on compte chaque semaine une petite partie des références, en passant plus souvent sur les articles les plus importants. Les écarts sont repérés et corrigés au fil de l'eau, au lieu d'être découverts en bloc une fois par an.

Repérer les articles dormants

Listez les références qui n'ont eu aucune sortie depuis six mois, puis depuis douze mois. Ce stock dormant est un coût pur : il occupe de la place, mobilise de l'argent et perd de la valeur. Pour chacune, posez-vous trois questions : peut-on la vendre (promotion, retour fournisseur, déstockage) ? Faut-il continuer à la référencer ? Pourquoi en a-t-on acheté autant ?

Mesurer la situation de départ

Notez enfin quelques chiffres de référence pour pouvoir mesurer vos progrès : la couverture de stock en jours, la rotation, le nombre de ruptures du dernier trimestre. Ces indicateurs sont détaillés à l'étape 6. L'important, à ce stade, est de les relever une première fois, même de façon approximative.

Étape 2 : classer ses articles avec la méthode ABC

Toutes les références ne méritent pas la même attention. La méthode ABC, inspirée de la loi de Pareto, permet de concentrer vos efforts là où ils comptent vraiment.

Le principe

Dans la plupart des stocks, un petit nombre de références représente l'essentiel de la valeur consommée sur l'année. On classe donc les articles en trois groupes :

  • classe A : environ 20 % des références, qui pèsent autour de 80 % de la valeur consommée ;
  • classe B : environ 30 % des références, autour de 15 % de la valeur ;
  • classe C : environ 50 % des références, qui ne représentent qu'environ 5 % de la valeur.

Ces proportions sont des ordres de grandeur, pas une règle fixe : chaque stock a sa propre courbe, et c'est justement l'intérêt de la tracer.

Le mode d'emploi en quatre temps

  1. Pour chaque référence, calculez la valeur consommée sur douze mois : quantité sortie multipliée par le coût d'achat unitaire.
  2. Triez les références de la plus forte à la plus faible valeur.
  3. Calculez pour chacune sa part dans le total, puis le pourcentage cumulé.
  4. Fixez les seuils : par exemple, classe A jusqu'à 80 % cumulés, classe B jusqu'à 95 %, classe C au-delà.

Un tableur suffit largement : un tri, deux colonnes de calcul et une mise en forme conditionnelle pour colorer les trois classes.

L'exemple fil rouge : le Comptoir

Pour illustrer chaque étape, suivons une entreprise fictive, que nous appellerons le Comptoir : un négoce de fournitures pour les artisans du bâtiment, avec une équipe de huit personnes et un catalogue de 200 références. Les chiffres qui suivent sont inventés pour l'exemple, mais leurs proportions sont réalistes.

Après avoir trié ses 200 références par valeur consommée, le Comptoir obtient ceci :

Classe Nombre de références Part des références Part de la valeur consommée
A 36 18 % 78 %
B 58 29 % 16 %
C 106 53 % 6 %

La lecture est immédiate : en surveillant de près 36 références, le Comptoir maîtrise près des quatre cinquièmes de ce que représente son stock. Jusqu'ici, il appliquait pourtant la même routine à tout le catalogue, et passait autant de temps sur les chevilles de dépannage que sur les plaques de plâtre qu'il vend chaque jour.

Ce que l'on en déduit pour chaque classe

  • Classe A : prévisions soignées, suivi hebdomadaire, stock de sécurité calculé au plus juste, inventaire tournant fréquent, relation étroite avec les fournisseurs.
  • Classe B : règles de réapprovisionnement automatiques, revues mensuelles.
  • Classe C : gestion simple et peu coûteuse en temps, par exemple des commandes groupées à intervalles réguliers ou la méthode des deux bacs (on recommande quand le premier bac est vide).

Certaines entreprises affinent ce classement en le croisant avec la régularité de la demande : un article A très stable ne se gère pas comme un article A très irrégulier. Commencez par le classement ABC seul ; vous pourrez l'enrichir ensuite.

Étape 3 : prévoir la demande

Commander juste suppose d'avoir une idée de ce qui va sortir dans les semaines à venir. Les prévisions ne seront jamais parfaites, mais une prévision raisonnée vaut toujours mieux qu'une intuition.

Partir de l'historique

La méthode la plus simple est la moyenne mobile : on prévoit la consommation du mois prochain en faisant la moyenne des trois ou six derniers mois. Elle lisse les à-coups, mais réagit lentement quand la tendance change.

Le lissage exponentiel corrige ce défaut en donnant plus de poids aux mois récents qu'aux mois anciens. La nouvelle prévision est égale à l'ancienne prévision, corrigée d'une fraction de l'erreur constatée. Plus cette fraction est forte, plus la prévision réagit vite, mais plus elle est sensible aux accidents ponctuels. La plupart des logiciels de gestion et des tableurs savent faire ce calcul.

Tenir compte de la saisonnalité et de la tendance

Beaucoup d'articles ont des saisons marquées. Au Comptoir, les ventes d'enduits de façade et de produits d'étanchéité grimpent au printemps, tandis que les consommables d'intérieur sont plus réguliers. Pour ces articles, comparez chaque mois au même mois de l'année précédente plutôt qu'au mois qui vient de s'écouler, et ajoutez la tendance générale de l'activité.

Recouper avec le terrain

Aucun calcul ne connaît le gros chantier qu'un client vient de signer, la promotion prévue en mars ou la référence qu'un fournisseur s'apprête à arrêter. Une courte réunion mensuelle entre la personne qui gère les stocks et l'équipe commerciale suffit souvent à corriger les prévisions des articles de classe A. C'est aussi le meilleur moyen d'éviter les achats « au cas où » décidés dans l'urgence.

Étape 4 : fixer le stock de sécurité et le point de commande

C'est le cœur de la méthode. Deux chiffres, calculés article par article, permettent de savoir à quel moment déclencher une commande sans risquer la rupture.

Le stock de sécurité : à quoi il sert

Le stock de sécurité est la quantité que l'on garde en réserve pour absorber les imprévus : une consommation plus forte que prévu, ou un fournisseur qui livre en retard. Sans lui, le moindre écart provoque une rupture. Avec un stock de sécurité trop généreux, en revanche, on paie en permanence pour une protection dont on n'a pas besoin.

Le calcul simple

La méthode la plus accessible part des délais de livraison constatés :

Stock de sécurité = (délai de livraison maximal − délai moyen) × consommation moyenne par jour

Au Comptoir, prenons les plaques de plâtre standard, une référence de classe A. Le Comptoir en vend en moyenne 12 palettes par jour ouvré. Son fournisseur livre en moyenne en 8 jours ouvrés, mais il est arrivé que la livraison prenne 11 jours. Le stock de sécurité est donc de (11 − 8) × 12 = 36 palettes : de quoi tenir trois jours de retard sans rupture.

La version statistique

Quand la consommation varie beaucoup d'un jour à l'autre, on préfère une formule qui tient compte de cette variabilité :

Stock de sécurité = coefficient de service × écart-type de la consommation journalière × racine carrée du délai

Le coefficient dépend du taux de service visé, c'est-à-dire de la probabilité de ne pas tomber en rupture pendant un cycle de réapprovisionnement : environ 1,28 pour 90 %, 1,65 pour 95 %, 2,05 pour 98 % et 2,33 pour 99 %. Pour les plaques de plâtre, l'écart-type de la consommation journalière est de 4 palettes. Avec un objectif de 95 % et un délai de 8 jours, on obtient 1,65 × 4 × 2,83, soit environ 19 palettes.

Les deux méthodes ne mesurent pas le même risque : la première protège contre les retards du fournisseur, la seconde contre les variations de la demande. Quand les deux risques existent, il est prudent de retenir la plus élevée des deux, ou de les combiner avec l'aide d'un outil plus complet. L'important est surtout de ne pas appliquer le même stock de sécurité à toutes les références : un article A irrégulier en mérite un calcul précis, un article C peut se contenter d'une règle simple.

Le point de commande

Le point de commande, aussi appelé stock d'alerte, est le niveau de stock qui déclenche une nouvelle commande. Il doit couvrir la consommation pendant le délai de livraison, plus le stock de sécurité :

Point de commande = consommation moyenne par jour × délai moyen de livraison + stock de sécurité

Pour les plaques de plâtre : 12 × 8 + 36 = 132 palettes. Dès que le stock descend à 132 palettes, le Comptoir passe commande. Pendant les 8 jours de délai moyen, il consommera environ 96 palettes et la livraison arrivera alors qu'il reste encore son stock de sécurité. Si le fournisseur est en retard, ce sont ces 36 palettes qui prendront le relais.

La quantité économique de commande (formule de Wilson)

Reste à savoir combien commander à chaque fois. La formule de Wilson cherche la quantité qui minimise la somme des coûts de passation et des coûts de possession :

Quantité économique = racine carrée de (2 × demande annuelle × coût d'une commande ÷ coût de possession d'une unité pendant un an)

Elle traduit un équilibre intuitif : si passer une commande coûte cher en temps et en transport, on a intérêt à commander moins souvent et en plus grande quantité ; si stocker coûte cher, on a intérêt à commander plus souvent, en petites quantités. Pour l'appliquer, il faut estimer honnêtement ces deux coûts, ce qui est souvent l'exercice le plus instructif.

La formule a ses limites. Elle suppose une demande régulière, des coûts stables, aucune remise de quantité et aucune contrainte de place ou de conditionnement. Dans la réalité, on l'utilise comme un ordre de grandeur, que l'on arrondit ensuite au conditionnement du fournisseur, au minimum de commande ou à la capacité de la réserve.

Se former avec Altim Formation

Ruptures d'un côté, surstocks de l'autre : et si vous repreniez la main ?

Optimiser le processus de gestion des stocks et des approvisionnements · 3 jours (21 heures) en présentiel à Vannes ou Lanester. Coûts de stock, prévisions et classement ABC, stock de sécurité, rotation et couverture, formule de Wilson, méthodes de réapprovisionnement et de valorisation, travaillés à partir de cas d'entreprise.

Voir le programme de la formation

Étape 5 : choisir sa méthode de réapprovisionnement

Une fois le stock de sécurité et les quantités connus, il faut décider de la règle qui déclenche les commandes. Il existe quatre grandes méthodes, selon que l'on fixe la date de commande, la quantité commandée, les deux ou aucune des deux.

Les quatre méthodes

Méthode Principe Pour quels articles Point d'attention
Point de commande
date variable, quantité fixe
On commande une quantité fixe dès que le stock atteint le point de commande Articles A et B à forte consommation Suppose un suivi du stock en continu
Recomplètement périodique
date fixe, quantité variable
À date fixe, on commande ce qui manque pour remonter à un niveau cible Articles achetés chez le même fournisseur, commandes groupées Stock de sécurité plus élevé, car il couvre la période entre deux commandes
Approvisionnement calendaire
date fixe, quantité fixe
Les mêmes quantités arrivent aux mêmes dates, souvent dans le cadre d'un contrat Consommation très régulière, articles C peu coûteux Dangereux dès que la demande varie
Approvisionnement à la commande
date variable, quantité variable
On achète au cas par cas, selon le besoin réel Articles chers, rares, spécifiques à un client ou à un chantier Demande une bonne anticipation des délais

Il n'y a pas de bonne méthode unique : une même entreprise en utilise souvent plusieurs. Le Comptoir gère désormais ses plaques de plâtre et ses ciments au point de commande, ses consommables de classe C en recomplètement tous les quinze jours chez un fournisseur unique, et ses menuiseries sur mesure à la commande.

Le cas des entreprises qui fabriquent : les besoins dépendants

Tout ce qui précède concerne des besoins dits indépendants : la demande vient directement des clients. Dans un atelier, la consommation de nombreux composants découle en réalité du plan de fabrication : si vous prévoyez de produire 50 tables, vous savez exactement combien de plateaux, de pieds et de vis il vous faudra. On parle alors de besoins dépendants. Leur gestion part du plan industriel et commercial, décliné en plan de production, puis en calcul des besoins par composant. Ces outils sont abordés dans notre formation organisation, gestion et amélioration de la production.

Travailler avec ses fournisseurs

Le meilleur calcul de stock de sécurité ne résiste pas à un fournisseur dont les délais varient du simple au double. Mesurez, pour vos fournisseurs principaux, le délai réel de livraison et le taux de livraisons complètes et à l'heure. Partagez ces chiffres avec eux : beaucoup de difficultés se règlent dès qu'on les objective. Pour les références critiques, identifiez une solution de secours, même plus chère, et sachez à partir de quel retard vous l'activerez.

Se former avec Altim Formation

Un fournisseur en retard, et c'est toute votre chaîne qui cale ?

Pilotage de la performance fournisseur et des risques fournisseurs · 2 jours (14 heures) en présentiel à Vannes ou Lanester. Structurer et évaluer son panel, identifier les risques fournisseurs et leurs impacts, construire un plan de réduction des risques et des indicateurs de suivi de la performance.

Voir le programme de la formation

Étape 6 : piloter avec les bons indicateurs

Une fois les règles en place, quelques indicateurs suffisent pour vérifier qu'elles fonctionnent et corriger le tir.

Indicateur Calcul Ce qu'il dit
Rotation du stock Sorties de la période ÷ stock moyen de la période Combien de fois le stock « tourne » dans l'année. Plus il tourne, moins il immobilise de trésorerie
Couverture en jours Stock actuel ÷ consommation moyenne par jour Combien de jours vous pouvez tenir sans nouvelle livraison
Taux de service Commandes clients servies complètes et à temps ÷ total des commandes Ce que vos clients perçoivent de votre gestion des stocks
Taux de rupture Références en rupture ÷ nombre total de références, à date ou sur la période Où se situent les tensions, à suivre surtout sur la classe A
Stock dormant Part du stock sans aucune sortie depuis 6 ou 12 mois Ce qui coûte sans rien rapporter

Pour les plaques de plâtre du Comptoir, avec 12 palettes vendues par jour sur environ 220 jours ouvrés, les sorties annuelles atteignent 2 640 palettes. Avec un stock moyen de 330 palettes, la rotation est de 8 par an. Un jour où il reste 300 palettes en réserve, la couverture est de 25 jours ouvrés, alors que le délai fournisseur n'est que de 8 jours : la quantité commandée à chaque fois est sans doute trop forte, et c'est la piste que le Comptoir examinera en premier.

Un tableau de bord simple

Inutile d'investir tout de suite dans un outil complexe. Un tableau mensuel par classe ABC, avec ces cinq indicateurs et leur évolution sur douze mois, suffit pour démarrer. L'essentiel est qu'il se mette à jour sans y passer des heures : un fichier alimenté par les exports de votre logiciel de gestion fait très bien l'affaire, comme nous l'expliquons dans notre article sur un tableau de bord Excel qui se met à jour seul.

Le lien avec la trésorerie

Chaque palette en réserve est de l'argent qui n'est pas sur votre compte bancaire. Le stock est l'une des trois composantes du besoin en fonds de roulement, avec les créances clients et les dettes fournisseurs : le réduire sans dégrader le service libère de la trésorerie. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur l'impact du stock sur votre BFR. Et si vous voulez mesurer ce que rapporte réellement chaque famille de produits une fois le stock financé, notre guide sur vos marges et votre seuil de rentabilité prend le relais.

Se former avec Altim Formation

Vos chiffres de stock existent, mais personne ne les lit vraiment ?

Techniques d'analyse des données de l'entreprise · 2 jours (14 heures) en présentiel à Vannes ou Lanester. Visualiser ses données d'approvisionnement et de ventes, les hiérarchiser avec la méthode ABC, construire un tableau de bord (couverture, rotation, délais, taux de service) et établir des prévisions avec les outils d'Excel.

Voir le programme de la formation

Valoriser ses stocks : FIFO, CUMP, FEFO

Gérer les quantités ne suffit pas : en fin d'exercice, il faut aussi donner une valeur au stock pour établir les comptes. Et dans l'entrepôt, il faut décider quel article sortir en premier. Les deux questions se posent avec les mêmes sigles, mais ne sont pas tout à fait les mêmes.

Les méthodes de valorisation comptable

Pour des articles identiques achetés à des coûts différents au fil de l'année, le plan comptable général admet deux méthodes :

  • le coût unitaire moyen pondéré (CUMP), calculé soit sur la période, soit après chaque entrée en stock : chaque sortie est valorisée au coût moyen des articles présents ;
  • le premier entré, premier sorti (FIFO ou PEPS) : on considère que les articles sortent dans l'ordre où ils sont entrés, et le stock restant est valorisé aux coûts d'achat les plus récents.

La méthode du dernier entré, premier sorti (LIFO ou DEPS) existe dans les manuels et dans certains pays, mais elle n'est pas admise pour les comptes établis selon le plan comptable général, ni par la norme internationale IAS 2. Pour les articles uniques et identifiables (une machine, une œuvre, un véhicule), chaque article est simplement valorisé à son coût réel. Le choix entre CUMP et FIFO se fait avec votre expert-comptable, puis s'applique de façon constante d'un exercice à l'autre.

L'ordre de sortie physique : FIFO et FEFO

Dans la réserve, la règle de bon sens est de sortir d'abord les articles les plus anciens, pour éviter qu'ils vieillissent au fond des rayonnages : c'est le FIFO physique. Pour les produits qui ont une date limite (alimentaire, cosmétiques, colles, mastics, certains produits chimiques), on applique plutôt le FEFO : premier expiré, premier sorti. On sort l'article dont la date de péremption est la plus proche, même s'il est arrivé après un autre. Au Comptoir, les mastics et les colles sont rangés par date limite, avec une étiquette bien visible.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Commander au ressenti. La mémoire retient les ruptures, rarement les surstocks : on finit par tout commander « un peu plus, pour être tranquille ».
  • Un stock de sécurité identique pour toutes les références. Trop pour les articles C, souvent pas assez pour les articles A irréguliers.
  • Ignorer le stock dormant. Il ne fait pas de bruit, mais il pèse sur la trésorerie et encombre la réserve.
  • Un seul inventaire par an. Les écarts découverts en fin d'exercice ont faussé toutes les décisions des mois précédents.
  • Des paramètres jamais revus. Délais fournisseurs, consommations moyennes, points de commande : ce qui était juste il y a deux ans ne l'est plus forcément.
  • Travailler seul dans son coin. Sans échanges avec les commerciaux et les fournisseurs, les meilleures formules s'appuient sur des hypothèses dépassées.

Questions fréquentes sur la gestion des stocks

Comment optimiser la gestion des stocks ?
Commencez par fiabiliser vos données et repérer le stock dormant, puis classez vos références avec la méthode ABC pour concentrer vos efforts sur celles qui pèsent le plus. Fixez ensuite, article par article, un stock de sécurité et un point de commande à partir de la consommation et des délais réels, choisissez une méthode de réapprovisionnement adaptée à chaque famille, et suivez chaque mois quelques indicateurs : rotation, couverture, taux de service et taux de rupture.
Quelles sont les 4 méthodes d'approvisionnement les plus courantes ?
Elles se distinguent selon que la date et la quantité de commande sont fixes ou variables : le point de commande (date variable, quantité fixe), le recomplètement périodique (date fixe, quantité variable), l'approvisionnement calendaire (date et quantité fixes) et l'approvisionnement à la commande (date et quantité variables). Une même entreprise en combine généralement plusieurs selon ses familles d'articles.
Comment calculer un stock de sécurité ?
La méthode la plus simple multiplie l'écart entre le délai de livraison maximal et le délai moyen par la consommation moyenne journalière. Quand la demande est irrégulière, on utilise une formule statistique : un coefficient lié au taux de service visé (environ 1,65 pour 95 %), multiplié par l'écart-type de la consommation journalière et par la racine carrée du délai de livraison.
Quelle est la méthode FIFO et PEPS ?
C'est la même méthode, désignée par son sigle anglais (First In, First Out) ou français (premier entré, premier sorti). En comptabilité, elle valorise les sorties au coût des articles les plus anciens, si bien que le stock restant est évalué aux coûts les plus récents. Dans l'entrepôt, elle consiste à sortir en priorité les articles arrivés les premiers.
Quelles sont les méthodes d'évaluation des stocks ?
Pour des articles interchangeables, le plan comptable général admet le coût unitaire moyen pondéré (calculé sur la période ou après chaque entrée) et la méthode du premier entré, premier sorti. La méthode du dernier entré, premier sorti n'est pas admise en France. Les articles uniques et identifiables sont valorisés à leur coût réel. Votre expert-comptable vous aidera à choisir la méthode, qui doit ensuite rester la même d'un exercice à l'autre.
Comment apprendre à gérer efficacement les stocks ?
Les notions de base (classement ABC, stock de sécurité, point de commande, indicateurs) s'apprennent vite ; c'est leur application à votre propre catalogue qui demande de la pratique. Une formation courte, centrée sur des cas d'entreprise, permet de gagner beaucoup de temps et d'éviter les erreurs de paramétrage. Commencez ensuite par un périmètre réduit, par exemple vos vingt références les plus vendues, avant d'étendre la méthode.

Se former à la gestion des stocks avec Altim Formation

Les méthodes de ce guide sont simples sur le papier. C'est au moment de les appliquer à son propre stock, avec ses données imparfaites, ses fournisseurs et ses saisons, que les questions arrivent. Un regard extérieur fait alors gagner un temps précieux.

Notre formation Optimiser le processus de gestion des stocks et des approvisionnements s'adresse aux personnes qui gèrent des stocks au quotidien, qu'elles débutent ou non dans la fonction. En trois jours, elle couvre les coûts liés aux stocks, les prévisions et le classement ABC, le stock de sécurité, la rotation et la couverture, les besoins dépendants et indépendants, la formule de Wilson, les méthodes de réapprovisionnement et de valorisation. Le formateur exerce depuis 2009 dans la gestion de production, l'organisation industrielle et l'amélioration continue, et la formation s'appuie sur des cas d'entreprise et le travail en sous-groupes.

Les sessions ont lieu en présentiel à Vannes ou à Lanester, et peuvent être organisées dans vos locaux pour une équipe. Altim Formation est certifié Qualiopi. Retrouvez l'ensemble de nos formations logistique et gestion de production pour compléter votre parcours.

En résumé

Optimiser la gestion de ses stocks et de ses approvisionnements tient en six étapes : faire l'état des lieux, classer ses articles avec la méthode ABC, prévoir la demande, fixer un stock de sécurité et un point de commande pour chaque référence importante, choisir la bonne méthode de réapprovisionnement, puis suivre quelques indicateurs chaque mois. Aucune de ces étapes n'exige un logiciel coûteux. Elles demandent surtout de la régularité.

L'exemple du Comptoir le montre : la plupart des gains viennent d'un petit nombre de références bien suivies. Si vous ne deviez faire qu'une chose cette semaine, faites le classement ABC de vos vingt références les plus vendues. Vous saurez tout de suite où regarder en premier.

Retour au blog